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Interview

Interview dans « J’entreprends »

Anthony Vitorino recevait dans son émission « J’entreprends » sur VL. Olivier Rondinaud, fondateur de l’atelier de charentaises, et Raynaut Escorbiac, fondateur d’Inersio et de France Immersive, pour parler de mise en valeur du savoir-faire français et d’entreprenariat.

Anthony Vitorino : Bonjour, bienvenue dans « J’entreprends » numéro 6, déjà. On est sur VL, tous les lundis à 18 heures, et comme chaque semaine je reçois deux entrepreneurs. On va parler entrepreneuriat, qu’est ce qui les a motivés à être entrepreneur et quels conseils ils vont pouvoir partager avec vous. Bonjour Raynaut Escorbiac !

Raynaut Escorbiac : Bonjour Anthony !

Anthony : Inersio, France immersive. Alors ça, c’est un produit assez particulier, on va avoir l’occasion d’en parler, mais en gros tu nous fais rentrer dans des univers, dans des usines.

Raynaut : Exact ! Le cheminement logique d’Inersio c’était de développer la visite d’entreprise à distance, et essayer de faire en sorte qu’elle soit à peu près similaire à une visite physique, mais en digital parce qu’on n’a pas toujours l’occasion de se retrouver à 800 km pour visiter telle ou telle entreprise.

Anthony : Aujourd’hui c’est des produits tendances, parce que la charentaise retrouve un peu ses lettres de noblesse quand même, elle redevient tendance.

Olivier Rondinaud : Complètement !

Anthony : Raynaut, quand tu entends ces histoires, j’imagine que c’est ça aussi qui t’a donné envie de t’intéresser au Made In France, d’aller voir ces usines et partager ce que tu voyais dans ses usines.

Raynaut : Exactement ! C’est exactement ça. C’est-à-dire que là on a, suite à ce descriptif, plusieurs mécanismes mentaux, j’ai envie de te dire, qui se sont mis en marche. Le premier c’est simple, j’ai envie de venir voir. J’ai envie d’y aller, ça y est j’ai envie d’aller en Charente, découvrir ton usine, découvrir ton atelier, découvrir ton savoir-faire, voir les collaborateurs de l’entreprise fabriquer avec passion probablement toutes les parties de la charentaise qui ont chacune une histoire, et c’est comme ça qu’on a créé Inersio parce que, en fait, bon je n’en étais pas ma première entreprise. J’ai créé il y a quelques années avec le premier leitmotiv de dire : promenez-vous avec votre authenticité dans votre poche, votre savoir-faire, votre industrie ou votre terroir, vous serez toujours meilleur. C’est-à-dire que tout ce que tu viens nous raconter finalement sur le savoir-faire à générer en moi des images, qui ne sont pas forcément conformes à la réalité. C’est-à-dire que l’histoire que tu as racontée m’a promené mais différemment d’un autre interlocuteur. Or quand je vais venir voir en vrai, là il n’y a plus de débat, on va tous voir la même chose et constater la même chose. C’est comme ça que j’ai créé Inersio en disant : je vais venir filmer, en 360 degrés, et la petite subtilité c’est qu’on va pouvoir se promener dans cette vidéo 360 degrés.

Anthony : Alors justement on a une vidéo de Inersio, de France Immersive, on va pouvoir voir vraiment à quoi ça ressemble. On a la vidéo. On peut la commenter ! Donc là par exemple on est chez les Georgettes.

Raynaut : Ouais alors ça va enchaîner. Là on est chez les Georgettes, là on est dans un vignoble.

Anthony : En gros c’est ça ! C’est une expérience où on est en immersion totale.

Raynaut : Totale dans un savoir-faire quel que soit le savoir-faire. Par exemple les vendanges durent 15 jours dans une année, or c’est le point d’orgue. Il y a aussi l’énergie, là c’est du savon de Marseille, le savon de Marseille : 21 jours pour fabriquer un savon de Marseille. On peut le voir sur plein de médias différents. Une carrière, Carrières de la Loire, ça a l’air de rien. Là, un de nos fleurons du Sud de la France. Ça va vite !

Anthony : On connaît bien, c’est Blachère.

Raynaut : Blachère Illumination qui illumine 60% de nos communes, et certains de nos clients sont partis partout dans le monde. Là on a vu une coréenne qui utilisait un casque de réalité virtuelle pour se promener en Camargue.

Anthony : Ça a dû être un carton pendant le confinement. J’imagine que les visites sur ton site ont dû exploser.

Raynaut : Allez je vais te faire une confidence. C’est que en réalité, on avait inventé un outil de téléportation, puisqu’on fabriquait l’intégralité de nos visites immersives, comme je l’ai dit, dans des casques de réalité virtuelle puisque le leitmotiv initial c’était : promenez-vous avec qui vous êtes dans votre poche. Et la pandémie nous est tombée dessus comme pour tout le monde, et on ne se promenait plus. De ce fait on a retourné le modèle, on a pivoté un tout petit peu. Ça a l’air de rien mais on a créé du coup la première plateforme dédiée au Made In France :  France Immersive à ce moment-là. Nous, notre premier confinement on a bossé comme des fous pour fabriquer France Immersive et on a tout redéveloppé ce qui était présent dans nos casques parce qu’on s’est rendu compte que 100% de nos clients étaient Made In France et que du coup, alors on a un peu perdu en téléportation, on a toujours conservé l’immersion mais surtout on a ouvert au grand public. Et là ça a été une grande grande nouveauté et en effet un carton.

Anthony :  C’est très juste que tu dis sur : se réapproprier ses savoir-faire et cette histoire-là parce que finalement c’est ce qui fait l’identité de la France, qui fait notre culture aussi puisque je le disais, c’est un des emblèmes de la France. Raynaut c’est ça aussi toi ta mission de dire : on va aussi prendre l’image et capter pour transmettre, pour partager ?

Raynaut : En réalité c’est une mission par ricochet. Elle était beaucoup plus basique à la base, c’était de fabriquer un outil pour que mes clients vendent mieux. Donc c’est basique ce que je raconte, mais s’ils ne vendent pas, leurs savoir-faire va disparaître. Donc je me suis basé vraiment sur ce que je sais faire : l’amélioration de la performance commerciale. Et j’ai inventé le système de visites immersives tel qu’on l’a conçu nous, en disant : le premier indicateur de performance, c’est quand mon prospect quel que soit ce que je fais, vient dans mon entreprise. Quand il vient dans mon entreprise, j’ai un taux de transformation, une amélioration de la performance immédiate.  Moi j’ai été dans d’autres secteurs d’activité avant de créer Inersio et quand mon prospect venait à ma rencontre, alors il se trouve que j’habite à Aix-en-Provence, quand il venait à ma rencontre, on vendait une fois sur deux en phase de remise d’offres. Et quand j’allais à leur rencontre, je vendais une fois sur quatre ou cinq. À partir de ce moment-là, je me suis dit : ce n’est pas possible. Soit j’explique mal qui je suis, soit l’explication ne suffit pas. Montrer ou s’approprier, finalement comme tu le dis Olivier, est la meilleure arme commerciale. De ce fait, c’est pour ça qu’on les a créées de cette manière-là les visites immersives, en disant : votre meilleure arme, vous la proposerez toujours. Voilà donc, il y a plein d’avantages par ricochet, ça défend les savoir-faire, ça défend les industries, ça montre même des industries fermées.  On a fait des visites immersives pour Enedis. Enedis c’est l’énergie française, on les prend souvent pour des installateurs de compteurs Linky, mais avant ça ils transforment du 250 000 Volts en 220. Et comment ? Avec toute une technologie qu’on a développée nous en France, mais qui est fermée au public parce que trop dangereuse à montrer. Voilà donc ça s’applique à des savoir-faire assez ancestraux type la charentaise, type le savon de Marseille, voire des bijoux parce que c’est un exploit aujourd’hui pour les Georgettes de fabriquer en France.

Anthony : Et puis c’est la prolongation du tourisme industriel : on rappelle environ 1 million de visiteurs, chaque été, poussent les portes d’un atelier durant les vacances.

Olivier : Et nos meilleurs ambassadeurs, c’est ce que tu disais tout à l’heure, c’est effectivement les gens qui ont pu faire ces visites, qui ont pu toucher du doigt, qui eux vont être le vecteur justement de communication donc c’est vraiment essentiel. Parce que ce sont des gens qui ont compris le geste, qu’ils ont pu voir, qu’ils ont pu s’approprier cette histoire.

Raynaut : Moi je peux donner quelques chiffres. Pour rebondir sur ce que tu dis Olivier, dans le savon de Marseille par exemple, quand tu discutes avec Jean-Pierre le maître savonnier, qui est là depuis 25 ans, devant son chaudron, il y a un phénomène direct quand tu finis la visite de l’usine, de la savonnerie, par la boutique : tu achètes avec un panier moyen deux fois supérieur à une boutique qui n’est pas accolée à une usine. Deux fois supérieur. La visite immersive que nous avons créée, on a fait des tests, quand on l’a emmenée dans une boutique qui n’est donc pas accolée au savoir-faire et qu’on mesure la différence entre quelqu’un qui rentre, qui achète et quelqu’un qui rentre, à qui je mets un casque, qui visite et qui achète, il y a 40 % d’écart. Donc on ne rattrape pas l’écart, puisqu’il est de 100%, mais on le comble. Donc c’est vraiment le geste, l’intérêt pour le geste.

Anthony : Tu connaissais l’univers de la charentaise déjà Raynaut ?

Raynaut : De loin, malheureusement de loin.

Anthony : C’est vrai qu’on ne se rend pas compte du nombre d’étapes.

Raynaut : Absolument ! C’est exactement la chose surprenante, c’est que, quand on te le raconte tu te dis : « Oui mais bien sûr, et du coup en effet ça explique le prix ». Maintenant quand je vais aller voir, ça l’efface le prix.

Anthony : C’est ça !

Raynaut : Donc il y a vraiment ces deux moments clés à montrer parce que, si évidemment je prends le produit fini comme tel dans un rayon, je vais regarder la couleur, la mode, le prix et je m’arrête à ça. Aujourd’hui il faut aller au-delà, et je pense, je peux me tromper, mais je pense que le public va au-delà aujourd’hui. Il y a un renouveau.

Anthony :  Alors on parle argent, toi c’est quoi ton modèle financier, finalement puisque les visites elles sont gratuites. Quand je vais sur ton site internet, je peux visiter une usine gratuitement.

Raynaut : Absolument ! Donc c’est gratuit pour le grand public.

Anthony : Donc là on le précise pour le public qui nous regarde, s’ils veulent aller sur le site.

Raynaut : franceimmersive.com, et après on choisit la visite qu’on veut réaliser. Moi mon modèle, c’est mon client que j’accompagne qui paye, pour faire simple, et mon objectif c’est de lui montrer qui a un retour sur investissement. Je vais parler par exemple des Georgettes pour illustrer le propos. Les Georgettes, donc fabrication de bijoux français.

Anthony : Français et accessibles.

Raynaut : Absolument, qui prend un axe presque marketing, rigoureusement différent du secteur, puisque d’habitude, on connaît les codes du luxe ou de la joaillerie. Et là dit : on va montrer l’usine en Ardèche qui fabrique depuis des décennies, les bijoux. Ce n’est pas super glamour, ce n’est pas super glamour mais c’est comme ça que j’ai un beau bijou. C’est parce qu’il y a des êtres humains français, qu’on est heureux de suivre, qui fabriquent ce bijou en X étapes. Et là je découvre qu’en fait avant d’être un bijou, c’est une plaque de métal. Il y a de la galvanoplastie : je découvre le métier. C’est une personne qui fait ça depuis 15 ans qui est interviewée et qui raconte la galvanoplastie et en fait c’est hallucinant parce que, j’aime bien les chiffres j’en donne un nouveau, aujourd’hui temps moyen de présence sur une visite immersive : 5min40.

Anthony : C’est énorme !

Raynaut : C’est énorme. Quand on pense qu’une vidéo institutionnelle aujourd’hui a moins de 30 secondes de temps de présence. 5min40. Mais pourquoi ? Parce qu’en fait je suis acteur de ma visite !

Anthony : Oui et puis il y a aussi un intérêt certainement pour ce qu’on y voit.

Raynaut : Absolument ! Du coup mon client l’utilise aussi sur son site.

Anthony :  Et puis pour les Georgettes il y avait aussi peut-être cet intérêt parce que, effectivement je le disais, c’est totalement accessible, les bijoux ne sont pas très chers, sont très concurrentiels sur le marché, et qui avait beaucoup de doutes sur l’origine de fabrication. Parce que beaucoup se disent : quand ce n’est pas cher ça ne peut pas être fait en France.

Olivier : Oui mais ça permet effectivement de se rassurer en se disant : oui c’est bien fait là !

Raynaut : De toute façon, il n’y a que deux solutions pour vérifier si c’est fait là. C’est, un, une norme, type OFG (Origine France Garantie), qui est irréfutable. Une fois que tu es Origine France Garantie, c’est irréfutable.  La deuxième solution c’est d’aller sur place voir.

Anthony : C’est ça !

Raynaut : Mais évidemment moi j’habite Aix-en-Provence, je ne vais pas tous les jours près d’Angoulême voir si c’est vrai. C’est pour ça qu’on a créé ce palliatif. Tu parlais de tourisme industriel, moi je travaille main dans la main avec « Entreprise et découverte » parce qu’en fait ce sont des offres complémentaires. « Entreprise et découverte » draine du monde physiquement mais moi à Aix je ne vais pas aller voir les parapluies de Cherbourg tous les matins, mais par contre ça va peut-être donner envie d’y aller physiquement quand je le vois en numérique.

Anthony : Super ! On parle d’entrepreneuriat dans cette émission. S’il y avait un seul conseil à donner à celles et ceux qui nous regardent pour entreprendre, le conseil ce serait quoi ? Raynaut ?

Raynaut : Moi, c’est d’oser ! Moi j’ai mis dix ans. Aujourd’hui les générations nouvelles, elles ont vachement moins de réticences que j’en ai eues.

Anthony : T’as mis 10 ans, ça veut dire ? Avant de concrétiser ?

Raynaut : Oui, j’ai été salarié pendant dix ans, j’avais une trajectoire qui était écrite : directeur informatique, etc. jusqu’au jour où j’ai dit : non ce n’est pas possible, il faut que je me bouge. Bon j’avais une petite flamme en moi qui était là, c’est sûr. Mais ce conseil aujourd’hui il s’applique intégralement. Je pense que c’est des générations, enfin l’entrepreneuriat a été encouragé, donc il faut se faire confiance. Il faut je pense néanmoins qu’il ne faut pas y aller la fleur au fusil, il y a des structures d’accompagnement, mais je ne suis pas du tout inquiet pour les générations nouvelles pour créer leur emploi eux-mêmes.

Anthony : Et finalement être entrepreneur c’est être touche-à-tout, c’est surtout accepter la polyvalence, c’est à dire …

Raynaut : Il y a un peu de ça. Quand je disais oser … Pendant longtemps j’ai cru qu’il fallait une bonne idée pour se lancer. Ce n’est pas la bonne idée qui compte, c’est le développement de l’idée. Quelle que soit l’idée. Aujourd’hui la charentaise ce n’est pas une innovation et pourtant ça fonctionne. Mais Olivier a osé, osé tomber, osé reprendre. Donc c’est le développement de l’idée. Donc en effet la persévérance et pas trop écouter ce qu’on nous dit à droite à gauche c’est bien aussi parfois. Il faut y aller et ce n’est pas très grave si on n’y arrive pas.

Anthony : C’est ça ! C’est Guillaume Gibeaux qui me disait : de toute façon, si l’idée est bonne, ça veut dire que d’autres l’ont aussi. Donc en fait, il faut en parler, et aller vite.

Raynaut : Non mais j’en suis sûr, c’est-à-dire que, moi j’ai eu plusieurs entreprises dans ma vie, j’ai souvent dit : j’ai inventé quelque chose que d’autres inventaient parallèlement.

Anthony :  Bien sûr !

Raynaut : C’est évident ! Mais ce qui compte, c’est le développement de cette idée et ce n’est pas forcément écraser les autres, c’est le développer pourquoi pas en parallèle, voire même en collaboration. Moi je parlais d’« Entreprise et découverte », on fait le même métier d’une manière différente et on travaille ensemble. C’est vachement bien !

Anthony : Et on embrasse Cécile Pierre !

Raynaut : Absolument !

Olivier : Mais soyons curieux, pour entreprendre soyons curieux. Il ne faut pas hésiter aussi à prendre contact avec des personnes, à partager, à échanger, à rentrer dans des clubs, dans des groupes justement, avec des gens qui n’ont pas forcément le même métier parce que l’expérience on l’acquiert aussi par l’échange. Donc il ne faut pas hésiter.

Anthony : Tu me fais une belle transition puisque c’est la question que je pose en fin d’émission. Si celles et ceux qui nous ont regardés veulent rentrer en contact avec vous, ont besoin de conseils, ont envie d’échanger avec vous sur l’entrepreneuriat, ils peuvent le faire sur vos réseaux ?

Raynaut : Avec un immense plaisir !

Olivier : Ils peuvent, tout à fait !

Anthony : Raynaut ! franceimmersive.com. On aurait pu faire .fr quand même.

Raynaut : Mais on a fait les deux.

Anthony : Mais effectivement .com parce que le monde entier s’intéresse à nos savoir-faire.

Raynaut : Alors non seulement il y a le monde entier, et puis tous ceux qui y sont présents se promènent partout dans le monde.

Anthony : C’est ça ! Et donc on retrouve les vidéos, et puis si des entreprises ou des entrepreneurs nous regardaient et qu’ils ont envie de faire appel à Inersio / France Immersive pour partager leur quotidien et leurs ateliers, ils peuvent aussi te contacter sur ce site internet.

Raynaut : Exact !

Anthony : Super ! Merci à vous messieurs, c’était un plaisir de faire cette émission. Merci à Maxime Larcanche à la réalisation, merci aux moyens techniques de VL Média. On se retrouve lundi prochain 18 heures pour « J’entreprends ».

Au Salon du Made In France avec OFG

À l’occasion du Salon du Made In France se déroulant du 11 au 14 novembre 2021, nous étions invités sur le live Facebook d’Origine France Garantie, présenté par Anthony Vitorino et Léo Brière, pour parler de France Immersive.

Anthony Vitorino : On est toujours en direct ! Bonjour à toutes et bonjour à tous depuis le MIF Expo, porte de Versailles, jusqu’au 14 novembre. 4 jours pour vous faire vivre l’ambiance de ce salon, consacré au Made In France. Et pour reprendre, cet après-midi, pendant 1 heure, j’ai la chance de ne pas être seul. Raynaut Escorbiac bonjour !

Raynaut Escorbiac : Bonjour Anthony !

Anthony : Inersio, France Immersive. Avec toi, on va visiter des usines sans se déplacer.

Raynaut : Exactement ! Malheureusement, pour certains d’entre nous, on ne peut pas aller à l’autre bout de la France visiter des savoir-faire magnifiques et nous on fabrique des visites immersives en vidéos 360. Léo (Brière) va me faire de la concurrence parce que nous téléportons le public dans un univers distant.

Anthony : Tu vois, c’est un peu du mentalisme finalement parce qu’on peut se projeter sans se déplacer.

Léo Brière : C’est du mentalisme 2.0.

Anthony : Pendant le confinement, on pouvait aussi visiter des usines alors qu’elles étaient peut-être fermées, du moins fermées au public grâce à Inersio / France Immersive. Raynaut, c’est un système de visites 360 grâce à ce casque.

Raynaut : Voilà ! Une des façons de les visiter, de s’immerger, même de se téléporter comme je disais tout à l’heure, c’est de mettre un casque. En fait on a filmé en vidéos 360 que l’on a ensuite rendues interactives pour vraiment se promener à l’intérieur d’un savoir-faire, d’une industrie voire d’un terroir français. Évidemment le plus immersif, c’est le casque. Mais comme tu disais Léo, le premier confinement a stoppé le monde finalement, et notre leitmotiv étant : promenez-vous avec qui vous êtes dans votre poche, vous serez toujours plus fort, en fait on a un petit peu pivoté, retourné le modèle et on a créé la première plateforme de visites de savoir-faire, d’industrie et de territoires français en ligne. C’est évidemment un petit peu moins téléportant parce que c’est sur un écran. Néanmoins, c’est beaucoup plus grand public et aujourd’hui franceimmersive.com est accessible pour aller visiter ces savoir-faire qu’il faut évidemment ne pas perdre.

Anthony : Raynaut, c’est important aussi de valoriser tous ces savoir-faire avec Inersio et France Immersive ? C’est important de montrer ce qu’il se passe dans les usines ? De valoriser les ouvriers, les ouvrières, ce mot est beau parce qu’il y « œuvre » dedans, ce sont des artistes.

Raynaut : Exactement ! En fait on a dévalorisé pendant des décennies et on s’aperçoit qu’on ne va pas devenir un pays de tertiaire uniquement. Moi j’adore le monde industriel et l’usine, surtout qu’elle a quand même changé, elle est transformée, elle a ouvert ses portes il y a plusieurs années grâce à des entreprises comme « Entreprise et découverte » qui encourage la visite physique. Mais on ne peut pas tous aller visiter une entreprise à des centaines, des milliers de kilomètres de chez nous, et c’est comme ça qu’on a singé la visite physique en digitale aussi bien que l’on puisse. Mais en tout état de cause, du coup on redécouvre des savoir-faire, on redécouvre aussi des chaînes de fabrication. Pour fabriquer une botte en caoutchouc, il y a 14 étapes, pour fabriquer un bijou c’est pareil.

Anthony : Tu parles des bottes et ça n’est pas un hasard puisque sur le Salon du Made In France, avec Aigle, vous présentez cette visite immersive.

Raynaut : Exact ! On l’a sortie pour le salon et on peut se promener dans l’usine qui fabrique les bottes en caoutchouc d’Aigle. On a eu plein de visites ce matin, c’est formidable !

Anthony : Faut préciser aussi que c’est un argument de vente très important pour les entreprises, notamment quand elles ont des boutiques loin des centres de fabrication, loin des usines. Le client va pouvoir porter ce casque que tu as là et visiter l’usine et voir comment sont fabriquées chacune des pièces qu’ils vont pouvoir acheter derrière.

Raynaut : C’est vrai parce qu’un deuxième leitmotiv chez nous c’est qu’on améliore le retour sur investissement et ce n’est pas un gros mot. On promeut le droit de vouloir vendre mieux et vendre plus. Et le premier argument de vente, c’est qui on est, c’est notre authenticité. Donc quand la boutique est par exemple à Paris, on a fait des mesures et on accroît parfois de 40% le panier moyen quand on visite l’usine même si c’est en « virtuel ». Alors ce n’est pas virtuel, c’est à distance. Mais on accroît de 40% le panier moyen entre deux typologies de consommateur : celui qui va rentrer et acheter et celui qui va rentrer, visiter et acheter. Il y a 40% d’écart ce qui est quand même considérable.

Léo : Ça ne m’étonne pas du tout puisqu’on n’imagine pas un seul instant notamment comment des bottes sont fabriquées. Enfin personnellement je n’en ai aucune idée. Donc j’ai hâte de faire la visite pour voir comment ça se passe. Et c’est vrai qu’on n’imagine pas un instant tout ce qui se passe dans les usines pour pleins de produits, on ne se pose pas ces questions-là, et donc je trouve ça super intéressant et ça justifie pleins de choses et je pense qu’après on a vraiment envie justement de consommer mieux.

Anthony : Et puis revaloriser aussi l’humain, revaloriser toutes celles et ceux qui fabriquent vos produits puisqu’aujourd’hui vous êtes 6 en plateau mais ça veut dire un nombre conséquent d’emplois directs, indirects, de filières qui sont soutenues. Raynaut, on peut tester, on peut découvrir la vidéo Aigle.

Raynaut : Et pas que, puisque nous sommes présents sur 5 stands. Le premier c’est Origine France Garantie de qui nous sommes partenaires, on fait des visites d’usines d’entreprises garanties, bien entendu, Made In France. Et puis on est sur Les Georgettes, Saunier, Marius Fabre et Aigle.

Anthony : Et je précise que dans l’excellent « Fait en France » qui est sorti en kiosque hier à l’occasion du Salon du Made In France dans cette nouvelle formule, on a une visite immersive qui est offerte à nos lecteurs. On peut visiter une chocolaterie. Quelques mots sur cette chocolaterie Raynaut ?

Raynaut : Chocolaterie Puyricard. Pareil, c’est fait par des talents français en réalité. C’est toute la différence entre une chocolaterie industrielle et un savoir-faire un peu plus manuel, ce qui explique pas mal de choses. Je vous invite à le découvrir dans ce fabuleux magazine.

Anthony : Voilà, vous avez juste à flasher le QR Code et vous pouvez faire cette visite immersive. Merci à tous les 6, on va venir vous visiter sur vos stands. Merci à vous de nous suivre, mais ce n’est pas fini puisqu’on revient à 16h avec une interview de la ministre déléguée en charge de l’industrie Agnès Pannier-Runacher qui sera avec moi en plateau. À tout de suite pour la suite des programmes de « Fait en France » depuis le pavillon de la certification Origine France Garantie. À tout de suite !

Interview pour MProvence

En plein cœur du quartier de la Joliette à Marseille, Yves Blisson reçoit Raynaut Escorbiac, fondateur d’Inersio et France Immersive et également ambassadeur des Forces Françaises de l’Industrie (FFI) en Provence. Quel est l’état de l’industrie en France aujourd’hui ? Comment montrer aux jeunes générations que le secteur n’est plus le même qu’il y a 30 ans ? Réponses à découvrir dans cette interview !

Yves : Nous sommes sur le port de Marseille. C’est la semaine de l’industrie avec beaucoup de choses au programme, notamment un grand forum pour l’industrie locale vendredi et tout au long de la semaine. C’est une semaine extraordinaire que différentes institutions vous proposent de découvrir, avec une immersion dans le monde industriel et je suis justement à côté d’un spécialiste de l’immersion dans le monde industriel. C’est Raynaut Escorbiac qui est chef d’entreprise, qui est basé à Aix-en-Provence mais qui anime aussi un réseau de jeunes chefs d’entreprise : les Forces Françaises de l’Industrie. Beaucoup d’actualités donc, en dehors de l’activité de votre entreprise déjà Raynaut pour commencer. On est ici devant un ancien bâtiment industriel, un silo qui est devenu aujourd’hui une salle de spectacle. Alors je vais vous provoquer pour ma première question : il est vraiment urgent maintenant de faire connaître l’industrie, de la faire aimer, de faire en sorte que beaucoup de jeunes rejoignent ses activités ?

Raynaut : En effet, il est grand temps qu’on s’y remette parce que depuis 30 ans, on a quand même malheureusement assez décrié l’industrie. Alors c’est un très bel exemple de réhabilitation d’ancien silo dans une nouvelle techno., moi je prône aussi le fait que notre pays soit réellement industriel. C’est-à-dire que des sites industriels soient réhabilités en sites industriels, en montrant bien entendu la capacité de nos hommes, de nos femmes à travailler dans ces usines, et en réhabilitant plutôt l’idée de l’industrie.

Yves : Alors cette attractivité, c’est aussi l’essence même de votre activité à vous, le groupe Inersio. Est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous réalisez ? Puis pratiquement nous le montrer, avec ce que vous avez dans les mains.

Raynaut : En fait, ce que j’ai dans les mains, c’est une usine. Je me promène avec des usines sur moi, parce que ce que nous pensons, c’est que quand on va voir une industrie ou un savoir-faire en vrai, on a une appétence à la marque, une appréhension de la chose qui est beaucoup plus prégnante, qui va durer longtemps : on va pouvoir comprendre. Mais comme on ne peut pas toujours aller à Cherbourg pour voir les parapluies de Cherbourg par exemple, on va les digitaliser et faire une visite d’usine à distance en vidéos 360 interactive et ainsi pouvoir aller voir un certain nombre de savoir-faire magnifiques que nous avons en France.

Yves : Ces visites, ça permet de se rendre compte qu’aujourd’hui l’industrie, ce n’est pas uniquement le monde du bruit, de l’odeur, de la pollution, d’une consommation frénétique d’énergie mais ça a bien changé.

Raynaut : Oui, ça a grandement changé. Aujourd’hui, on parle d’industries 4.0. Il ne faut pas que ce soit un concept. L’industrie 4.0 c’est une réalité aujourd’hui : il n’y a plus de charges lourdes dans les usines, il y a autant d’hommes que de femmes sur certains postes de travail parce que nous ne sommes plus dérangés par tous les méfaits que vous citiez. Et il est vraiment important d’ouvrir ses portes : allez voir des industries ! Il faut également qu’on puisse montrer ça aux jeunes générations. On disait à nos générations : surtout ne va pas dans l’industrie. En tout cas c’est le message qu’on recevait. Moi j’ai envie de dire l’inverse. Il faut retourner dans l’industrie et d’ailleurs la pandémie nous a montré que ce serait quand même sain que l’on puisse refabriquer des choses sur notre sol. Aujourd’hui, il y a un espèce d’engouement, engouement des pouvoirs publics, je pense qu’il y a un retournement de tendances, et engouement pour le « Made In France » : profitons-en. Profitons-en pour montrer nos usines de l’intérieur et ainsi encourager l’emploi dans l’industrie.

Yves : Et alors en matière de salaire, c’est aussi des métiers qui sont attractifs les métiers de l’industrie pour les jeunes ?

Raynaut : En tout cas, les chefs d’entreprise vont devoir s’y mettre. C’est évident que c’était le problème : le « Made In France », oui c’est cher. Il y a quelques années, on disait que c’était moche. Maintenant on a à peu près réglé le problème. On a des supers beaux meubles, des meubles de salles de bains fait par Deco Tech par exemple, mais aujourd’hui l’industrie paye correctement les gens. Moi je pense dans notre département par exemple à Deshons Hydraulique qui est une entreprise qui fabrique des grosses machines hydrauliques, tenue par une femme et c’est important de le dire, et qui paye décemment ses employés, et on y travaille dans des conditions complètement décentes. C’est ça l’industrie d’aujourd’hui.

Yves : Alors vous évoquez une autre question qui est importante, c’est la féminisation de l’industrie. On aimerait bien ne pas en avoir à en parler mais c’est quand même une vraie question, l’accès des femmes à ces métiers.

Raynaut : Moi j’aime bien en parler. Il se trouve que je suis ambassadeur des Forces Françaises de l’Industrie en Provence et je me suis mis un petit marqueur, en disant : « Je veux qu’il y ait autant de femmes que d’hommes qui adhèrent à ce club d’entrepreneurs ». Il se trouve qu’il y a de plus en plus de femmes qui reprennent les entreprises de leurs parents, ce qui n’était pas le cas il y a 30 ans. Il y a 30 ans, on cherchait le masculin. Aujourd’hui, on peut transmettre à sa fille et avec beaucoup de succès. J’insiste. Il y a énormément d’entreprises qui ont été transmises à des filles et qui réalisent des prouesses.

Yves : Et plus globalement d’ailleurs, à un moment où on valorise beaucoup les auto-entrepreneurs, ceux qui ont des idées, qui veulent créer eux-mêmes leur boîte, on peut peut-être aussi dire qu’il y a énormément d’entreprises qui ont une existence, qui ont montré qu’elles savaient fabriquer des produits et qui sont aujourd’hui à transmettre.

Raynaut : Exactement ! Il faut encourager cette transmission. Alors la difficulté, c’est de pouvoir avoir une chaîne qui travaille jusqu’au bout, jusqu’au consommateur. Aujourd’hui, c’est le consommateur qui fera que l’industrie se réimplantera ou pas. Si on continue d’acheter, pardon, mais de la merde sur Internet pour quelques centimes d’euros, et qu’on n’arrive pas à comprendre que ça vient par bateau de l’autre côté de la planète, et que cela ne doit pas couter quelques centimes d’euros … Là c’est le « Black Friday », vous savez que certaines industries françaises commencent à boycotter le « Black Friday » parce qu’est-ce que c’est bien normal de tout solder tout le temps ? Est-ce que moi je solde les salaires des gens ? Donc soit le prix en amont était déconnant, soit c’est le juste prix et auquel cas il n’y a pas de « Black Friday ».

Yves : L’entreprise Inersio, son activité c’est donc de faire ces visites virtuelles d’entreprises. Qu’est-ce qui a changé technologiquement dans votre approche par rapport à ce qui pouvait se faire encore il y a quelques années ? Comment est-ce que vous innovez ? Puisque, on est d’accord, l’innovation est au cœur du développement de l’industrie.

Raynaut : Oui, exactement. Il ne faut pas avoir peur d’innover. Je pense que, de toute façon, les jeunes générations n’ont carrément pas peur, bien moins que ma génération en tout cas. C’est évident que c’est un bout de l’industrie de demain, c’est pour ça que c’est 4.0. C’est l’export, l’innovation et le digital. Du coup, Inersio c’est simplement miniaturiser une visite à distance, c’est-à-dire qu’on va filmer en vidéo 360 qu’on va rendre interactive, parce que je souhaite ne pas être spectateur d’une visite, mais acteur d’une visite, comme une visite en vrai. L’innovation techno. était pas non plus démentielle, il fallait quand même la « packager Made In France », il fallait que ça porte des valeurs, une vertu. Et donc nous, on s’inscrit en ligne droite dans cette semaine de l’industrie pour ouvrir ses portes.

Yves : Et vous avez participé à cette Usine Extraordinaire qui va être présentée à des jeunes ? Je crois qu’il y a 40 ou 45 entreprises qui ont accepté de montrer leur activité, parce qu’une des caractéristiques de notre région en matière industrielle, c’est qu’elle est très variée : on a à peu près tous les types d’industrie.

Raynaut : C’est exact. Par exemple des entreprises, et surtout je dirais, autour de l’énergie. S’il y a bien un domaine dans lequel on maîtrise le sujet et on est content, nous français, d’être autonome sur le sujet, c’est bien l’énergie. On accompagne par exemple Enedis, d’ailleurs il y a deux ans sur l’Usine Extraordinaire qui avait eu lieu pas loin d’ici physiquement, on faisait immerger dans des petits casques de cette manière-là, les écoliers, les lycéens, les collégiens dans des installations hautement technologiques et dangereuses, qui ne se visitent donc pas en vrai mais qui aujourd’hui peuvent se visiter dans des casques et pour cette édition, en ligne.

Yves : Voilà, et je vous conseille vraiment d’aller voir l’Usine Extraordinaire parce que vous allez pouvoir découvrir ce qu’est l’industrie d’aujourd’hui, peut-être le faire découvrir à vos enfants, et puis les enfants vont aussi le faire découvrir à leurs parents. Je crois qu’il y a un objectif de plusieurs dizaines, sinon centaines de milliers de spectateurs et de participants. Si vous aviez un message pour ceux qui sont aujourd’hui les acteurs de l’industrie locale, ceux qui vont se réunir dans ce forum de vendredi, parce qu’il y aura à peu près tous les députés qui seront là, qui vont chacun prendre une partie de l’industrie. Il y en a qui prendront le nucléaire, d’autres qui prendront des sujets liés aux bateaux ou à la construction d’un certain nombre d’usines également. Quel est le message que vous feriez passer pour la promotion de l’industrie en local ?

Raynaut : Nous étions déjà une région et un département industriel. Nous concevions en effet des bateaux. Ce serait bien de réhabiliter cette chose-là, à la Ciotat par exemple. Moi je ne peux que soutenir les démarches, pourvu qu’elles ne soient pas qu’électoralistes. Il y a surtout un travail de fond, le mal qu’on a fait en désengageant les jeunes, en les détournant de l’industrie, va falloir mettre les moyens dans le long terme. Ce n’est pas juste des milliards d’euros, il va falloir expliquer aux jeunes générations que l’industrie passera par eux, parce qu’il y a un pouvoir politique qui décide que notre pays redevient un vrai pays industriel.

Yves : Merci Raynaut Escorbiac.

Interview chez BFM Marseille

À l’occasion de la semaine de l’industrie, Raynaut Escorbiac, président de INERSIO France Immersive et ambassadeur des Forces Françaises de l’Industrie (FFI), était l’invité de Sophie Hébrard et de Laurence Bottero dans l’émission Marseille Business sur la chaîne de BFM Marseille. Il donne son éclairage sur l’état de l’industrie en Provence.

Sophie : Bonjour Raynaut Escorbiac, vous êtes le représentant en Provence des Forces Françaises de l’Industrie.

Raynaut : Bonjour !

Sophie : Pour commencer, quel est l’état de santé des industries dans la région ?

Raynaut : Je dirais : pas trop mauvais, surtout sorti d’une crise un peu dure, mais qui a été quand même bien soutenue pendant cette période compliquée. Je m’aperçois que finalement, passé cette crise, la plus grande difficulté est aujourd’hui l’emploi puisqu’elle redémarre fortement, la demande s’est accrue, la demande « Made In France » s’accroit de plus en plus, du coup il va falloir encourager la reprise concernant l’emploi.

Laurence : Alors justement, 70 000 emplois seraient à pourvoir en France dans l’industrie, ça vous paraît être une bonne nouvelle ? Ça veut dire que l’industrie recrute, comment faut-il faire pour faire venir les jeunes talents dans l’industrie ?

Raynaut : On peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide.

Laurence : On va le voir à moitié plein si possible.

Raynaut : C’est plutôt une excellente nouvelle. Comment faire ? Il va falloir redorer le blason, dans un premier temps, de l’industrie parce que pendant 30 ans, ça a été quand même assez décrié, on ne savait plus ce qu’était l’industrie française.

Laurence : Plutôt sale, polluante, difficile avec des charges lourdes …

Raynaut : Absolument, c’est plutôt l’image qu’on en avait, et l’idée c’est de montrer qu’aujourd’hui les industries se sont quand même grandement réformées, modernisées, parfois robotisées. La charge lourde dont vous parliez n’existe quasiment plus et tant mieux d’ailleurs. Maintenant il va falloir montrer ça à tout le monde : aux parents et aux jeunes. Il va falloir aussi peut-être comprendre que nous ne pouvons pas rester un pays que de tertiaire ou de tourisme.

Laurence : Effectivement. Alors on parlait justement de relance, de reprise, le plan de relance a un gros volet industriel. Il y a 521 projets qui ont été soutenus dans la région depuis un peu plus d’un an à peu près, depuis le lancement de ce plan de relance. Est-ce que cela peut pousser les entreprises à moderniser leurs outils industriels, à aller vers l’innovation aussi ? On parle beaucoup de l’industrie 4.0 qui, pour résumer, est une industrie exportatrice et une industrie modernisée. Est-ce que cela n’est pas aussi un levier pour montrer que l’industrie a changé et faire venir plutôt des « data scientists », tous ceux qui sont du monde numérique, vers un secteur encore perçu passéiste ?

Raynaut : Les ingénieurs, les « data scientists », etc. ne voudront pas du monde de l’industrie. Ce qui va être problématique, ça va plutôt être la main d’œuvre parce qu’on continue à avoir des usines, et ce n’est pas un gros mot. Il va falloir peut-être expliquer cela aussi à l’école, le démystifier. Vous avez à plusieurs reprises dit « montrer ». En effet, il se trouve que j’ai fondé Inersio et France Immersive pour montrer de l’intérieur ce qu’était une industrie française, ou également les savoir-faire français puisqu’en vidéo 360 interactive sur franceimmersive.com, on va pouvoir « dédramatiser » j’allais presque dire, certaines industries et 4.0 en particulier, c’est vraiment riche. C’est une industrie propre, moderne et modernisée, et en plus de cela on va pouvoir se promener, avec qui on est, sur soi, surtout quand on exporte, c’est-à-dire quand on se promène dans le monde entier.

Sophie : C’est ce que l’on voit à l’écran. Regardez ! Expliquez nous, c’est votre appareil qui permet de faire des visites virtuelles autonomes dans vos usines ?

Raynaut : Exactement ! On le voit à l’écran. Et ce que nous avons proposé c’est aussi quand le chef d’entreprise, les directeurs commerciaux, en tout cas les représentants de l’entreprise se promènent partout en France et dans le monde, ils peuvent emmener vraiment dans leurs poches. Je vous ai emmenés quelques usines, ça ne rentrait pas sur le plateau, du coup on les a miniaturisées, mais on promène réellement dans l’industrie et c’est important car aujourd’hui l’industrie ça se visite, le tourisme industriel a le vent en poupe et le tourisme industriel, c’est aller voir les industries. Je vous encourage à y aller en vrai, quand on ne peut pas y aller en vrai, on y va d’une manière un peu numérisée.

Sophie : Là on est où par exemple ?

Raynaut : Alors ça va aller très vite, mais là par exemple on est dans un vignoble, on va pouvoir voir les vendanges. Les vendanges c’est 15 jours par an, sur 52 semaines c’est extrêmement peu. Et puis là on est chez GRDF qui fabrique du gaz vert. Le gaz vert, je ne sais pas ce que c’est, mais quand je visite une centrale de méthanisation bio, j’apprends à comprendre.

Laurence : On parlait donc des jeunes, je reviens sur ce sujet parce que le gouvernement a aussi lancé une campagne de communication via Snapchat. Est-ce que les réseaux sociaux, à l’image de TikTok qui est parfois regardé par plusieurs entreprises, sont aussi un moyen supplémentaire ? Parce que l’école c’est bien, montrer à travers de la réalité virtuelle c’est bien aussi, mais les réseaux sociaux ont finalement une force de frappe qui est assez considérable.

Raynaut : J’en suis certain, j’en suis sûr. Je pense que pour parler aux jeunes, il faut parler leur langage. Je vais pas faire le jeune ici, sinon je vais me faire reprendre par certaines personnes de ma famille, mais il faut parler leur langage. Snapchat c’est leur langage. Si on vous dit qu’une vidéo institutionnelle est regardée que 20 secondes en moyenne, il faut créer un format court de 20 secondes. La différence entre une visite immersive et un format court, c’est que le format court il leur parle. La visite immersive va peut-être parler aux parents ou aux consommateurs. Et je trouve que c’est une bonne chose qu’essayer d’aller chercher la ressource là où elle est.

Laurence : Est-ce que l’industrie française s’exporte ? On parle beaucoup de relocalisation ou de localisation, de réindustrialisation, mais est-ce que l’industrie française s’exporte ?

Raynaut : Je discute avec des industriels aujourd’hui qui me disent que leur carnet de commandes est plein, qu’ils ne peuvent pas fournir l’intégralité de la demande. C’est quand même dingue parce que je ne me souviens pas qu’on m’ait dit ça une fois en France.

Laurence : On en revient aux problématiques d’emploi.

Raynaut : D’emploi et de livraison. De matières premières. Aujourd’hui on a un vrai sujet sur les matières premières. Et oui, ça s’exporte. Ça s’exportera d’autant plus qu’on ne pourra fournir le produit fini. En effet, je pense que le gouvernement doit agir à ce niveau-là également.

Sophie : Vous parliez des jeunes tout à l’heure : qu’est-ce qui est fait au niveau des femmes ? On les sait moins nombreuses dans le monde de l’industrie.

Raynaut : Plus pour longtemps j’espère. Comme vous l’avez dit Laurence, je suis ambassadeur des Forces Françaises de l’Industrie en Provence et j’ai cette volonté qu’il y ait autant d’hommes que de femmes dans le mouvement, en tout cas en Provence. Pourquoi ? Parce qu’il y a de plus en plus de femmes cheffes d’entreprises déjà, et de femmes qui osent reprendre l’entreprise familiale dans certains cas, mais aussi c’est un peu le papa qui a évolué : il y a 30 ans il cherchait un garçon autour de lui pour la transmettre.

Sophie : Il veut bien faire confiance à sa fille.

Raynaut : Exactement ! Et surtout elle est souvent beaucoup plus forte que beaucoup d’hommes, avec un certain nombre de sensibilités, sans rentrer dans la caricature d’ailleurs, mais aujourd’hui je constate qu’il y a beaucoup de femmes cheffes d’entreprises et personnellement j’aime bien travailler avec, c’est clair.

Laurence : La mixité dans l’industrie, il y a encore des progrès à faire.

Raynaut : C’est certain.

Sophie : Pour terminer rapidement, quels sont les atouts de la région, mais plus précisément des Bouches-du-Rhône pour attirer des industries dans ce projet de réindustrialisation ?

Raynaut : Alors déjà, on a toujours été un département et une région industrielle.

Sophie : Quels types, précisément ?

Raynaut : Des types ancestraux, le savon de Marseille par exemple c’est extrêmement connu et il n’y a pas que ça. Aujourd’hui nos atouts sont géographiques, on est gâté dans notre région, il y a un port, des infrastructures, il y a des encouragements politiques, des encouragements financiers. Je pense que le confinement a mis en exergue le fait de délocaliser dans nos régions, et on est une des plus belles régions de France s’il en est.

Sophie : Merci beaucoup Laurence. Merci d’avoir été l’invité de Marseille Business.

Entretien avec Christopher Piton

Au cours de cet entretien, Christopher Piton, auteur et coach LinkedIn, répond à la question de Raynaut Escorbiac, fondateur d’Inersio et de France Immersive, sur le dilemme entre faire émerger sa page LinkedIn Entreprise ou capitaliser sur sa page LinkedIn Personnelle. Interview réalisée en novembre 2020.

Comment conquérir des abonnés pour sa page LinkedIn entreprise ?

Bonjour Christopher !

Salut Raynaut, ravi d’échanger avec toi aujourd’hui !

Ecoute merci ! Comme tu le sais, j’ai fondé la société Inersio, qui est spécialisée dans la réalité virtuelle, et surtout la marque France Immersive, qui permet de faire visiter les savoir-faire, les industries et les terroirs français. Donc en ce moment, pas mal d’actualités autour de ce sujet. Ta spécialité et ton expertise vont sûrement t’aider à répondre à la question que je me pose, c’est-à-dire : pendant des années on avance sur une marque personnelle et finalement, quand on crée une marque, type France Immersive, on essaye de conquérir des abonnés mais finalement à quoi ça sert ? Et puis le décalage est tellement fort, comment peut-on faire pour faire avancer sa marque professionnelle ?

– Alors, pour commencer, à quoi sert une page entreprise ? Une page entreprise est vraiment une page institutionnelle et vraiment un peu plus « corporate ». Ça va vraiment servir à se positionner sur LinkedIn, parce que quel est le premier réflexe de toute personne qui veut se renseigner sur une entreprise ? C’est soit de faire des recherches sur Google, soit de faire une recherche directement sur LinkedIn. S’il n’y a aucune présence sur l’un des deux, ça paraît louche et on ne va pas rassurer les personnes qui vont faire des recherches sur la marque. Si on a vraiment une présence sur LinkedIn, ça va justement permettre de montrer que l’on est bien présent et d’occuper la place. Ce qui est aussi intéressant avec cette page entreprise, c’est que l’on peut vraiment faire un lien directement vers notre site Internet.

Donc maintenant, pour rentrer concrètement dans la question de conquérir des abonnés, c’est tout d’abord bien définir sa clientèle cible pour éviter de partir dans tous les sens, c’est-à-dire bien définir le ton. Il a des exemples vraiment intéressants, typiquement avec Burger King, qui eux vont tutoyer leur audience, parce qu’ils s’adressent à une cible qui est particulière et qui partage le même langage. Il y a aussi l’exemple de Welcome To The Jungle, où eux vont partager des articles et différents portraits. Il a aussi Camaïeu qui va partager les coulisses et mettre en avant le personnel. L’idée est vraiment de créer une ligne éditoriale, selon les problématiques et les désirs de la clientèle cible pour leur donner envie d’interagir et d’atteindre leurs objectifs. Ça peut être par exemple partager des anecdotes, ça peut être dans ton cas partager des vidéos immersives plus orientées tutoriels de comment créer une vidéo, mettre en avant le portrait d’un de tes collaborateurs, par exemple quelqu’un qui est en production et expliquer comment il construit les vidéos immersives que vous allez proposer, cela peut être des exemples de vols de drone, etc. Cela peut être aussi des retours d’expériences de vos clients. Par exemple : expliquer qu’elle était leur situation, leur problème avant de vous rencontrer et comment leur vie a ensuite été transformée, comment ils ont pu mettre en valeur leur expertise à travers ce type de vidéo. C’est quelque chose qui pourrait être intéressant, d’une part pour humaniser les communications, faire participer les collaborateurs à travers les vidéos, et même les faire participer eux directement sur LinkedIn. Chacun a un profil personnel et l’idée est justement de « booster » les publications de la page entreprise en ajoutant des notes personnelles. Par exemple, si tu fais une publication Enterprise pour mettre en avant une vidéo, l’intérêt est que les salariés peuvent mentionner la page entreprise pour reprendre le contenu et y ajouter une note ou un avis personnel. Voilà comment je ferais pour acquérir de nouveaux abonnés, le tout en étant bien régulier dans sa publication.

OK merci c’est extrêmement clair, d’autant plus qu’on avait une marque entreprise et une page vitrine qui est une autre conception sur LinkedIn. On va donc s’atteler à bien scinder les lignes éditoriales, technique d’un côté et orienté client de l’autre. Je te remercie pour ces précieux conseils.

– Merci Raynaut !

À bientôt !

– Salut !

Le journal « La Provence » dans nos locaux

À l’occasion de la venue de « La Provence » dans les locaux d’Inersio, Raynaut Escorbiac a répondu aux questions de Geneviève Van Lede. Les sujets abordés : les activités d’Inersio, son avenir et la future nomination de Raynaut Escorbiac à la tête de la délégation provençale des Forces Françaises de l’Industrie. Article paru le dimanche 12 septembre 2021, à lire ci-dessous.

Article dans La Tribune

Le journal de « La Tribune » sort un article ce mercredi 22 septembre 2021 mettant en valeur le combat des Forces Françaises de l’Industrie, le club d’entrepreneurs qui aide, soutient et investit dans la réindustrialisation de la France. Raynaut Escorbiac, membre de ce club, répond aux questions de Laurence Bottero.

Créées en 2019, les Forces françaises de l’industrie se veut un club d’entrepreneurs militant, dans le bon sens du terme, du Made in France et d’une industrie considérée, soutenue, encouragée, défendue. Et qui n’oublie pas ses terroirs. La création d’un club en Provence vise cette perspective : faire émerger des synergies entre industriels, financer – via un fonds dédié – et accélérer les entreprises qui en ont besoin. Avec comme objectif de faire de la France et des territoires une PME nation, au même titre que l’on défend d’idée de startup nation.

La réindustrialisation de la France est un enjeu stratégique. Le constat est partagé, mais il aura fallu une pandémie pour qu’il amène à une prise de conscience globale. La désindustrialisation, que les politiques – et France Relance y répond pour partie – tentent de rattraper, est la préoccupation depuis longtemps des industriels, qui ont alerté souvent dans le silence. En 2019, Gilles Attaf, venu de l’industrie textile, Laurent Moisson spécialiste des NTIC et de l’accompagnement des entreprises sur ce sujet et Emmanuel Deleau, professionnel du digital donnent naissance aux Forces Françaises de l’Industrie. Un club d’entrepreneurs pour les entrepreneurs disent-ils, parce que le temps de la reconquête est venu et que, comme on le sait, l’union fait la force. Et l’industrie en a bien besoin.

Renforcer le Made In France

« Il y a l’industrie mais aussi le savoir-faire, les terroirs, des histoires… C’est tout cela qui fait notre culture », souligne Raynaut Escorbiac, dirigeant de Inersio, basée à Aix-en-Provence et pilote, avec Philippe Espenet, des Forces françaises de l’industrie en Provence, un essaimage tout récent qui s’inscrit dans cette volonté de défendre et promouvoir l’industrie dans les territoires. « Les Forces françaises de l’industrie  rassemblent  des  personnes  qui  se rassemblent et veulent œuvrer pour le terrain et avec le bon sens ».

Avec les autres acteurs représentatifs de l’industrie et déjà présents, comme les unions patronales, syndicales ou autres, il s’agit évidemment de jouer la carte de la complémentarité et de la pluralité. « Un écosystème est fait de diversité. Nous sommes agiles, pas financés, apolitiques », énumère Raynaut Escorbiac.

Apolitiques mais pas éloignées de  la  chose  politique  pour  autant.  Le  rendez-vous  électoral qui se dessine est l’occasion toute trouvée d’appuyer  encore  davantage  sur  la  chose industrielle et sur la nécessité du Made in France. « Nous allons accueillir tous les candidats à la Présidentielle qui nous solliciterons, avec l’idée de les rendre signataires d’une Charte où seront répertoriées certaines mesures que nous souhaitons en faveur de l’industrialisation », indique Raynaut Escorbiac. Comme par exemple intégrer dans les appels d’offres publiques, une prime kilométrique, qui favoriserait le potentiel prestataire local, celui situé à quelques kilomètres et pas au bout du monde. « Cela n’exclut pas la dimension européenne de l’appel d’offre et tout le monde s’y retrouve ».

Industrie – artisanat : même combat, même stratégie

France Relance, avec ses enveloppes en monnaie sonnante et trébuchante, aide-t-elle suffisamment la réindustrialisation de la France et de ses régions ? « France Relance suscite la réindustrialisation en finançant des projets », dit Raynaut Escorbiac qui défend aussi le principe des Forces françaises de l’industrie d’être capables de mettre rapidement les industriels en contact les uns avec les autres lorsque des projets communs ou complémentaires semblent se dessiner.

Mais Raynaut Escorbiac de souligner aussi qu’il reste beaucoup à faire, pour résoudre par exemple des non-sens comme raconte cette entreprise spécialisée dans la chaussure qui explique qu’il est plus facile – et plus rapide – d’aller produire à Porto qu’à Rodez.

« Nous déplorons que depuis 30 ans, les métiers artisanaux comme les métiers industriels aient été abîmés. Sauf que les métiers artisanaux ont su revaloriser leur savoir-faire. Nous devons réussir à faire de même avec les métiers de l’industrie. Cela doit passer par la modernisation de l’outil de production, par en parler et ensuite par distiller cela dans les écoles. Il faut montrer l’industrie ainsi, telle qu’elle est, pas à travers un vieux film sur YouTube », défend par ailleurs celui qui via Inersio, sa PME, réalise des visites immersives des usines tricolores. «Le film institutionnel ne concentre que 20 secondes d’attention alors qu’avec une visite immersive, l’attention est captée pendant plus de 4 minutes. Pour intéresser les jeunes, c’est le format TikTok qui convient».

Créer une PME nation

Au-delà de la seule volonté de réunir les industriels de bonne volonté entre eux, les Forces françaises de l’industrie défend surtout l’idée d’une France qui serait tout autant une PME nation que ce qu’elle revendique vouloir être une startup nation. Car les deux ne sont pas incompatibles. Même, cela relève d’une suite logique. C’est le sens de la création d’un accélérateur dédiée aux PME du Made in France, dupliquant le modèle des accélérateurs de startup, où il est apporté l’opportunité d’investir dans les technologies et les compétences. Un accélérateur qui a toute sa place en régions et en Provence particulièrement. Le territoire qui pourra aussi bénéficier du French Touch Found, le véhicule d’investissement créé pour apporter le soutien financier qui va bien, qui aide les PME en difficulté passagère, les prometteuses, les innovantes. Car l’enjeu est celui de la compétitivité. Et du temps.

« Lorsqu’on perd un savoir-faire, un outil de production, il est très difficile de le remettre en place. Il ne faut pas que nos compétences partent ailleurs ».

Article rédigé par Laurence Bottero, le 22 septembre 2021.

Pour retrouver l’article ou visiter le site de l’auteur, suivez ce lien : https://region-sud.latribune.fr/economie/2021-09-22/lorsque-on-perd-un-savoir-faire-industriel-on-le-perd-pour-longtemps-forces-francaises-de-l-industrie-892891.html

Invité dans l’émission Bsmart Écosystème

Thomas Hugues dans son émission Ecosystème interviewe Raynaut Escorbiac (Président de Inersio – FranceImmersive) et William Memlouk (Directeur de la communication de la Haute Ecole de Joaillerie.

Thomas Hugues : « Un nouveau binôme a découvrir tout de suite dans Ecosysteme avec l’entreprise Inersio et son président Raynaut Escorbiac. Bonjour et bienvenue, heureux de vous accueillir. Vous êtes venus pour incarner votre écosystème avec William Memlouk, bonjour, directeur de la communication de la Haute Ecole de Joaillerie. Inersio et cette plateforme Franceimmersive, de quoi s’agit-il ? »

Raynaut Escorbiac : « Il s’agit de la première plateforme de visites des savoir-faire, industrie et territoire français en vidéos 360 interactives. Pour réellement se plonger dans un univers distant et en prendre totalement possession, je dirais. »

TH : « Vous l’avez créé quand cette solution, cette plateforme et avec quelle ambition ? »

RE : « Ça nous a presque été imposé par le Covid, c’est à dire qu’en fait on avait inventé Inersio avec une ambition de dire aux entreprises françaises : promenez-vous avec votre entreprise dans votre poche. Donc c’était dans  des casques, appelé réalité virtuelle mais ce n’était pas de la réalité virtuelle. C’était de la réalité à distance puisque je pouvais me téléporter dans un univers complétement distant. Au moment où le monde et la France s’arrêtent, on se dit : on va faire l’inverse, on va créer, au bénéfice, des entreprises françaises des visites sans que les gens eux mêmes ne se déplacent. Et aujourd’hui voilà, c’est permis sur franceimmersive.com« 

TH : « Donc ça veut dire qu’on peut se balader par exemple, on va parler de la Haute Ecole de Joaillerie dans un instant, mais on peut se balader dans quels univers, dans quelles entreprises ? »

RE : « Dans des univers qui vont vous paraitre tout à fait naturels : culturels, touristiques.. »

TH: « Oui un musée, un site … »

RE : »Voilà. Après je vais aller vers du moins naturel, un vignoble évidemment mais des entreprises — c’est frustrant ça (TH) — alors c’est vrai. »

TH: « On a pas la dégustation en fin de visite » 

(Rires)

RE : « C’est vrai, il faut le faire avec son verre à coté et avec modération toujours évidemment. Donc des vignobles mais aussi une entreprise qui fabrique des objets en silicone dans le sud de la France, des objets, des chaussures, de l’habillement, du textile et des bijoux et également des écoles qui vont pouvoir ouvrir leurs portes à distance puisqu’aujourd’hui on se déplace beaucoup beaucoup moins. »

TH : « Alors on est en pleine actualité William Memlouk parce que la visite virtuelle, grâce à la plateforme franceimmersive, de votre école est possible, c’est là en ce moment. »

Wiliam Memlouk : « C’est ça, ça arrive très bien. D’autant plus que l’on a une école où les visites sont très importantes. On propose des cursus de formations qui sont des métiers de la main, du geste. Ce sont des métiers assez unique, c’est de la joailleries, de la bijouterie. On forme des gemmologues, des polisseurs, des sertisseurs et on a une forte demande des apprenants, futurs apprenants pour visiter nos écoles, s’imprégner des ateliers. Est arrivé l’année dernière, malheureusement, la crise sanitaire donc on s’est posé cette question : comment est-ce que l’on pourrait faire perdurer ces visites la, les prolonger de manière virtuelle. Plusieurs solutions existent, beaucoup en 2D, on a trouvé une seule solution en 3D qui est juste magique, franchement, parce que c’est un vrai prolongement des visites réelles. Et donc on a fait appel à Raynaut, d’autant plus qu’on a une connaissance tous les deux en communs qui m’a conseillé de me tourner vers Franceimmersive. »

TH : « C’est l’écosystème aussi, il y a quelqu’un qui a fait l’interface. Ca veut dire donc là que c’est disponible, l’école elle est rue du Louvre à Paris c’est ça ? — c’est ça exactement — et imaginons, moi je pousse la porte, c’est une visite qui va durer combien de temps alors ? »

WM : « Alors tout dépend du temps que vous prenez pour la réaliser, mais il y a à peu près une dizaine d’espaces et d’ateliers qui sont ouverts, vous vous baladez à 360° au sein des ateliers. Vous voyez les jeunes qui sont en train de travailler, les enseignants qui dispensent leur enseignement. En plus il y a des espèces de petits spots sur lesquels on peut cliquer pour déclencher des vidéos, des petits PDF, documents à disposition des futurs apprenants et la visite peut durer une petite demi-heure me semble-t-il sans que l’on s’y ennuie du tout. »

TH : « Alors ça a supposé quelle préparation ? Alors vous me le direz de votre coté (parle à Raynaut Escorbiac), mais du coté de la Haute Ecole de Joaillerie pour proposer cette visite virtuelle ? Faut accueillir des équipes vidéos j’imagine … »

WM : « Exactement c’est beaucoup de logistique. C’est dessiné un scénario de visite déjà pour raconter une histoire, donc il y a eu le storytelling que l’on a co-écrit avec Raynaut. Et puis, une fois que le storytelling a été écrit on a tourné tout simplement. C’était deux journées de tournage qui se sont passé de façon très limpide avec une superbe équipe de techniciens et puis il a fallu attendre un petit mois pour avoir la version définitive. Avec des allers-retours, enfin voilà comme chaque projet classique. »

TH : « C’est un défi technique ou finalement bon la 3D on maîtrise ? »

RE : « Non c’est pas réellement un défi technique. Ce qui est important c’est de comprendre en amont même de la création de cette plateforme, quels étaient les mécanismes dans notre cerveau qui généraient des envies voir des actes d’achat. Et la vidéo 360 c’est une projection dans un univers distant et la rendre interactive permet de s’approcher vraiment du ROI (« Return On Investment » ou Retour Sur Investissement) d’une visite physique. Et c’était ça en faite, le défi il était plus je dirais presque préparatoire que technique. Ensuite nous chez Inersio, on a fait le choix du « Made in France », je peux vous faire un peu la veste made in France (RE montre l’intérieur de sa veste aux couleurs du drapeau français), elles sont magnifiques. Et on fait le pari du made in France, on fait le pari de l’industrialisation française et de la réindustrialisation française, et on veut, en tout cas on souhaite, on essaye de montrer des savoir-faire, des écoles. Je veux dire la Haute Ecole de Joaillerie c’est cent-cinquante ans de savoir-faire. C’est des métiers inconnus, très méconnus, rue du Louvre, on y passe on ne pense pas que dans ce bâtiment il y a des salles de classe. Et aujourd’hui ça ouvre ses portes gratuitement à qui veut. »

TH : « Donc c’est génial et c’est magique. Vous avez déjà là un certain nombre de nouveaux lieux en perspective puisqu’il y a là la Haute Ecole de Joaillerie, que l’on peut visiter grâce à vous mais qu’est-ce qu’on va pouvoir allez visiter, où allez vous nous emmenez ? »

RE : « Alors je vous en donne un par exemple du télémarketing. Le télémarketing a beaucoup était délocalisé, dans des pays ben… moins cher que les nôtres, et il y a une société qui s’appelle Mars Marketing basée à Marseille, dans le centre ville de Marseille, qui emploient donc des collaborateurs marseillais et qui a fait le choix du local en faite et on va le montrer de l’intérieur puisque c’est leur facteur différenciant d’être sur notre sol et leur process est différent donc on va le montrer en vrai comme si vous vous y promeniez en vrai. »

TH : « Et bien merci Raynaut Escorbiac, merci William Memlouk — merci à vous — d’être venu nous présenter l’écosystème d’Inersio et donc cette plateforme Franceimmersive. »

Podcast : C’est ça la France

Nathalie Schraen-Guirma : « Bonjour Raynaut Escorbiac. Selon un sondage Opinionway, les deux tiers des personnes interrogées estiment avoir augmenté leur consommation de produits français depuis l’épidémie de Covid. Comment vérifier que cela est réellement fait en France ? Vous, vous avez trouvé le moyen d’y répondre.

–  Raynaut Escorbiac : Alors déjà c’est une bonne nouvelle ! À laquelle on pensait déjà avant le drame du Covid et pour laquelle on se battait. Puisqu’en effet quand on a créé Inersio, on l’a fait avec une seule idée, c’était de pouvoir proposer aux chefs d’entreprises, aux directeurs commerciaux, à tout ceux qui voyageaient en fait à l’extérieur de leur base, d’avoir dans leur poche leur entreprise, en ayant accès avec un savoir technologiques particulier, puisqu’on filme en vidéo 360 que nous rendons interactives. Et le Covid nous a encouragé à accentuer cette diversification Puisqu’en fait on a créé cette plateforme, Franceimmersive, qui permet maintenant de voir en ligne des entreprises à savoir-faire français. Qui produisent en France. Parce que c’est ça que vous soulevez, c’est la difficulté de comprendre où est la limite.

Nathalie Schraen-Guirma : Exactement ! Alors là on voit tout vous voulez dire ? C’est à dire que vraiment c’est de la visite guidée ? Faites nous rêver d’ailleurs, qu’est-ce qu’on peut voir ? Des chocolateries ? Du savon de Marseille ? De la grosse industrie ? Alors on va où avec Franceimmersive ?

Raynaut Escorbiac : Alors exactement, tout ce que vous avez raconté se trouve déjà sur Franceimmersive. Allez, je vous fais rêver dans un vignoble directement ? Vous allez le voir comme il est, c’est à dire que vous allez le voir filmé pendant les vendanges par exemple ou le traitement de la vigne. On va aller filmer dans le chai. On va quand même un petit peu scénariser, on ne filme pas tel que c’est mais on va un peu scénariser avec les collaborateurs de l’entreprise en général et on va filmer en 360. Ce qu’il y a de rigolo avec une caméra 360 c’est qu’on voit tout, et les défauts ! Et moi je pense que « les défauts » de l’industrie prouvent aussi sa présence sur notre sol. Du coup c’est un espèce d’outil super marketing qui finalement vient aussi contrecarré le super marketing.

Nathalie Schraen-Guirma : Oui oui, c’est une manière de prouver que c’est pas un semblant de fabrication, c’est vraiment fabriqué sur place. Il y a tout.

Raynaut Escorbiac : Exactement, par exemple une chocolaterie, quand on fait un film institutionnel on va avoir de très très belles images assez léchées, sur les chocolats, sur les mains peut-être même des collaborateurs de l’entreprise. Nous on filme ce que l’œil voit. Donc on va voir des machines, des gens sur des machines, des process, et puis s’il y a du chocolat qui déborde un peu du moule, on le voit aussi et ça rend vivant. En faite, c’est une vraie visite.

Nathalie Schraen-Guirma : Comment les entreprises ont accueilli cette plateforme ? Et d’ailleurs elles sont nombreuses aujourd’hui ? 

Raynaut Escorbiac : Alors, elles l’accueillent plutôt favorablement. Après la problématique c’est qu’il y a quand même un coût parce que comme je vous le raconte c’est de la vidéo 360. Moi j’ai des équipes spécialisées dans la vidéo, des scénaristes, donc il y a quand même un travail préalable à réaliser et ensuite un gros travail technique à réaliser. Nombreuses, pas assez je dirais. Parce que c’est nouveau premièrement, et deuxièmement parce qu’il faut un temps de réalisation. Je peux vous citer des exemples qu’on est en train de réaliser pour des écoles. Par exemple une école de joaillerie à Paris qui est magnifique, en plein cœur de Paris, qui aujourd’hui est bloquée parce qu’elle ne peut pas faire de journées portes ouvertes. On peut réaliser des films immersifs dans différents domaines d’activité par exemple pour des carrières, les carrières c’est hyper méconnus.

Nathalie Schraen-Guirma : Ça prend combien de temps pour vous justement si on va visiter une carrière, sur place prendre assez d’images pour nous proposer une visite en 360 degrés ? Combien de temps de réalisation ?  

Raynaut Escorbiac : En projet global faut compter à peu près entre 1 et 2 mois.

Nathalie Schraen-Guirma : Ah quand même ! Donc c’est un budget, parce qu’il faut rappeler que c’est gratuit pour nous ? C’est accessible à tous gratuitement, pour le public.

Raynaut Escorbiac : C’est exact, pour les visiteurs. Parce qu’en fait le but, c’est de montrer que par la visite, l’entreprise acquiert un peu de ROI (« Return On Investment » ou Retour Sur Investissement) que ce soit par la notoriété, que ce soit quand elle fait du retail : un lien vers son site web. Donc on va augmenter le panier moyen, accroître sa visibilité. Dans du B2B, on fait pas mal de films immersifs dans du B2B, on va accroitre son taux de transformation en faisant visiter son entreprise. Un peu comme une visite physique fait partie d’un process de vente, aujourd’hui la visite immersive intègre le processus de vente à distance donc c’est un peu plus simple.

Nathalie Schraen-Guirma : Donc il faut faire comprendre justement à ces entreprises, ce que peut apporter une plateforme comme Franceimmersive. Ca permet effectivement de montrer que les produits sont bien faits en France, de valoriser les savoir-faire, artisanaux, ancestraux. Alors il faut le dire, cette plateforme vous l’avez quand même créé en un temps record.

Raynaut Escorbiac : [rigole] C’est gentil, c’est vrai on a beaucoup travaillé. On s’y est mis, comment dire, mais enfin c’est un peu le light motif des chefs d’entreprise. On est contraint de rebondir. On s’y est mis quand on a été confiné, quand on a été confiné nous on proposait des visites immersives dans les casques. Parce qu’en faite dans les casques, c’est un véritable outil de téléportation. C’était un peu comme si j’inventais la voiture volante et que je devais finalement fabriquer des voitures roulantes, vous voyez ? Et bien c’était un peu pareil. Et finalement on a compris qu’en ligne, ce qu’il y avait d’intéressant c’est que le public s’élargissait considérablement même si on perdait un peu le côté téléportation, on gardait le côté découverte ! Et alors il se trouve qu’en plus ça a été accompagné par comme vous l’avez dit tout à l’heure, par comme un engouement particulier pour le « made in France », et aujourd’hui visiter une entreprise qui fabrique des luminaires ou des produits en silicone, voilà, le français aime bien. Moi personnellement j’aimais bien les usines et – là encore plus -. C’est fabuleux de rentrer dans des secrets de fabrication des usines. Aujourd’hui il y a aussi un mouvement qui participe à la réindustrialisation de la France, ou en tout cas de stopper notre désindustrialisation. Moi je pense que en tout cas, nous on s’inscrit dans cette démarche car nous ne réalisations que des visites d’entreprises françaises.

Nathalie Schraen-Guirma : Alors pour ceux qui nous écoutent, comment retrouver ces visites virtuelles ? 

Raynaut Escorbiac : Vous allez tout simplement sur franceimmersive.com et il y a un petit moteur de recherche vous allez voir, c’est rangé par catégories et on va pouvoir aussi voyager parce que ça marche aussi pour les villes, pour les lieux touristiques, pour les terroirs. Et après quand on est féru on va trouver des industries, des savoir-faire vous l’avez dit des savoir-faire ancestraux. »

Interview de Raynaut Escorbiac chez BFM Business

Ce mercredi 25 novembre, Raynaut Escorbiac, fondateur d’Inersio, était l’invité de BFM Business pour présenter le concept de Franceimmersive et son intérêt auprès des entreprises Françaises ! 

« – Raynaut Escorbiac bonjour, vous faisiez déjà des visites de territoires, des visites de savoir-faire; vous dites : en deux mois je vais créer une plateforme de visite d’entreprises.

– Alors c’est étonnant mais enfin un peu comme tous les chefs d’entreprises, on a été obligé de réfléchir plus que d’habitude je dirais, et au moment de la pandémie, du confinement, nous proposions auparavant en effet que les entreprises se promènent avec leur authenticité dans leur poche et on a retourné le modèle pour créer la plateforme franceimmersive.com au profit des savoir faire français et on a tout redéveloppé sur cette plateforme pour pouvoir se promener dans des entreprises françaises, des savoir-faire français, des territoires français.

Par exemple des vignobles ce genre de produit, la façon dont on le fait, ce genre de site. Mais quoi d’autre ?

– En effet l’idée c’était de créer quelque chose qui apporte une performance business à nos clients. Le vignoble quand on s’y promène réellement, on achète plus que de raison, on comprend l’histoire du vignoble, on comprend  l’histoire de ce vignoble de ce vin et on a envie de consommer du coup – avec modération bien sûr – mais en tout cas on en achète, on le stock, on le fait vieillir ou ce que l’on veut. Mais c’est vrai pour tout le monde. Je vais vous prendre un exemple qui parlera moins. Par exemple, je fabrique des objets en silicone dans une usine du sud de la France, j’ai une centaine de salariés et quand je fais visiter cette entreprise – dixit le chef de l’entreprise – « mon taux de transformation est de 100% sur ce prospect là ». Le prospect visite et il voit les process.

Et alors votre pari c’est que si on visite l’entreprise de manière immersive, avec un casque de réalité virtuelle par exemple, qu’on voit l’entreprise, les salariés, qu’on a des interactions avec eux à travers la visite, derrière on peut transformer en achetant ?

– Oui, alors Franceimmersive a permis cette chose là. C’est à dire que le modèle maintenant par exemple pour du retail, prenons l’exemple du savon de Marseille. Le savon de Marseille français, il se trouve qu’il y a un process de fabrication qui est long. C’est pourquoi il est plus cher qu’un savon dit « de Marseille » et externe à la France. Ce process de fabrication, quand je le visite je le comprends donc sur franceimmersive.com on va pouvoir se promener dans un des savonniers. C’est de la vidéo 360 interactive, a un moment donné j’arrive dans la boutique de l’usine et là je suis connecté au site de vente en ligne de ce fabricant qui va pouvoir upgrader sa performance.

C’est gratuit pour la visite de la plateforme ?

– Oui absolument !

Comment vous vous rémunérez du coup ?

-C’est mon client final, c’est à dire l’entreprise, qui elle est cliente d’Inersio et de Franceimmersive. Pour le visiteur c’est gratuit.

C’est lui qui va payer le tournage et après un petit forfait d’abonnement ?

– C’est exactement ça.

D’accord. Et ça peut couter combien ? Aller je suis une entreprise, j’ai une vingtaine de salariés, je veux faire découvrir nos produits aux clients, je vous passe un coup de fil, et ça coûte combien ?

– Alors, évidemment ça va beaucoup dépendre. On a fait des films immersifs par exemple pour une marque qui fabrique des bijoux, qui est mondialement connu. Qui les fabrique en Ardèche mais ils ont plusieurs sites de production. Les Georgettes, ils fabriquent en Ardèches la joaillerie et le cuir à Rennes. Il va falloir qu’on aille tourner sur ces sites, parce que c’est de la vidéo.

C’est à dire que c’est quoi ? Quelques millier d’euros ?

– Oui c’est dans ces prix là. Autour [du prix] d’un film institutionnel bien fait. C’est de l’ordre de ce prix là, c’est pas beaucoup plus cher.

D’accord, et après l’abonnement mensuel ? 

– Oui l’abonnement c’est environ 10% de ce prix là.

Pour être sur la plateforme de franceimmersive ?

– Oui exactement »

 

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