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Interview dans « J’entreprends »

Anthony Vitorino recevait dans son émission « J’entreprends » sur VL. Olivier Rondinaud, fondateur de l’atelier de charentaises, et Raynaut Escorbiac, fondateur d’Inersio et de France Immersive, pour parler de mise en valeur du savoir-faire français et d’entreprenariat.

Anthony Vitorino : Bonjour, bienvenue dans « J’entreprends » numéro 6, déjà. On est sur VL, tous les lundis à 18 heures, et comme chaque semaine je reçois deux entrepreneurs. On va parler entrepreneuriat, qu’est ce qui les a motivés à être entrepreneur et quels conseils ils vont pouvoir partager avec vous. Bonjour Raynaut Escorbiac !

Raynaut Escorbiac : Bonjour Anthony !

Anthony : Inersio, France immersive. Alors ça, c’est un produit assez particulier, on va avoir l’occasion d’en parler, mais en gros tu nous fais rentrer dans des univers, dans des usines.

Raynaut : Exact ! Le cheminement logique d’Inersio c’était de développer la visite d’entreprise à distance, et essayer de faire en sorte qu’elle soit à peu près similaire à une visite physique, mais en digital parce qu’on n’a pas toujours l’occasion de se retrouver à 800 km pour visiter telle ou telle entreprise.

Anthony : Aujourd’hui c’est des produits tendances, parce que la charentaise retrouve un peu ses lettres de noblesse quand même, elle redevient tendance.

Olivier Rondinaud : Complètement !

Anthony : Raynaut, quand tu entends ces histoires, j’imagine que c’est ça aussi qui t’a donné envie de t’intéresser au Made In France, d’aller voir ces usines et partager ce que tu voyais dans ses usines.

Raynaut : Exactement ! C’est exactement ça. C’est-à-dire que là on a, suite à ce descriptif, plusieurs mécanismes mentaux, j’ai envie de te dire, qui se sont mis en marche. Le premier c’est simple, j’ai envie de venir voir. J’ai envie d’y aller, ça y est j’ai envie d’aller en Charente, découvrir ton usine, découvrir ton atelier, découvrir ton savoir-faire, voir les collaborateurs de l’entreprise fabriquer avec passion probablement toutes les parties de la charentaise qui ont chacune une histoire, et c’est comme ça qu’on a créé Inersio parce que, en fait, bon je n’en étais pas ma première entreprise. J’ai créé il y a quelques années avec le premier leitmotiv de dire : promenez-vous avec votre authenticité dans votre poche, votre savoir-faire, votre industrie ou votre terroir, vous serez toujours meilleur. C’est-à-dire que tout ce que tu viens nous raconter finalement sur le savoir-faire à générer en moi des images, qui ne sont pas forcément conformes à la réalité. C’est-à-dire que l’histoire que tu as racontée m’a promené mais différemment d’un autre interlocuteur. Or quand je vais venir voir en vrai, là il n’y a plus de débat, on va tous voir la même chose et constater la même chose. C’est comme ça que j’ai créé Inersio en disant : je vais venir filmer, en 360 degrés, et la petite subtilité c’est qu’on va pouvoir se promener dans cette vidéo 360 degrés.

Anthony : Alors justement on a une vidéo de Inersio, de France Immersive, on va pouvoir voir vraiment à quoi ça ressemble. On a la vidéo. On peut la commenter ! Donc là par exemple on est chez les Georgettes.

Raynaut : Ouais alors ça va enchaîner. Là on est chez les Georgettes, là on est dans un vignoble.

Anthony : En gros c’est ça ! C’est une expérience où on est en immersion totale.

Raynaut : Totale dans un savoir-faire quel que soit le savoir-faire. Par exemple les vendanges durent 15 jours dans une année, or c’est le point d’orgue. Il y a aussi l’énergie, là c’est du savon de Marseille, le savon de Marseille : 21 jours pour fabriquer un savon de Marseille. On peut le voir sur plein de médias différents. Une carrière, Carrières de la Loire, ça a l’air de rien. Là, un de nos fleurons du Sud de la France. Ça va vite !

Anthony : On connaît bien, c’est Blachère.

Raynaut : Blachère Illumination qui illumine 60% de nos communes, et certains de nos clients sont partis partout dans le monde. Là on a vu une coréenne qui utilisait un casque de réalité virtuelle pour se promener en Camargue.

Anthony : Ça a dû être un carton pendant le confinement. J’imagine que les visites sur ton site ont dû exploser.

Raynaut : Allez je vais te faire une confidence. C’est que en réalité, on avait inventé un outil de téléportation, puisqu’on fabriquait l’intégralité de nos visites immersives, comme je l’ai dit, dans des casques de réalité virtuelle puisque le leitmotiv initial c’était : promenez-vous avec qui vous êtes dans votre poche. Et la pandémie nous est tombée dessus comme pour tout le monde, et on ne se promenait plus. De ce fait on a retourné le modèle, on a pivoté un tout petit peu. Ça a l’air de rien mais on a créé du coup la première plateforme dédiée au Made In France :  France Immersive à ce moment-là. Nous, notre premier confinement on a bossé comme des fous pour fabriquer France Immersive et on a tout redéveloppé ce qui était présent dans nos casques parce qu’on s’est rendu compte que 100% de nos clients étaient Made In France et que du coup, alors on a un peu perdu en téléportation, on a toujours conservé l’immersion mais surtout on a ouvert au grand public. Et là ça a été une grande grande nouveauté et en effet un carton.

Anthony :  C’est très juste que tu dis sur : se réapproprier ses savoir-faire et cette histoire-là parce que finalement c’est ce qui fait l’identité de la France, qui fait notre culture aussi puisque je le disais, c’est un des emblèmes de la France. Raynaut c’est ça aussi toi ta mission de dire : on va aussi prendre l’image et capter pour transmettre, pour partager ?

Raynaut : En réalité c’est une mission par ricochet. Elle était beaucoup plus basique à la base, c’était de fabriquer un outil pour que mes clients vendent mieux. Donc c’est basique ce que je raconte, mais s’ils ne vendent pas, leurs savoir-faire va disparaître. Donc je me suis basé vraiment sur ce que je sais faire : l’amélioration de la performance commerciale. Et j’ai inventé le système de visites immersives tel qu’on l’a conçu nous, en disant : le premier indicateur de performance, c’est quand mon prospect quel que soit ce que je fais, vient dans mon entreprise. Quand il vient dans mon entreprise, j’ai un taux de transformation, une amélioration de la performance immédiate.  Moi j’ai été dans d’autres secteurs d’activité avant de créer Inersio et quand mon prospect venait à ma rencontre, alors il se trouve que j’habite à Aix-en-Provence, quand il venait à ma rencontre, on vendait une fois sur deux en phase de remise d’offres. Et quand j’allais à leur rencontre, je vendais une fois sur quatre ou cinq. À partir de ce moment-là, je me suis dit : ce n’est pas possible. Soit j’explique mal qui je suis, soit l’explication ne suffit pas. Montrer ou s’approprier, finalement comme tu le dis Olivier, est la meilleure arme commerciale. De ce fait, c’est pour ça qu’on les a créées de cette manière-là les visites immersives, en disant : votre meilleure arme, vous la proposerez toujours. Voilà donc, il y a plein d’avantages par ricochet, ça défend les savoir-faire, ça défend les industries, ça montre même des industries fermées.  On a fait des visites immersives pour Enedis. Enedis c’est l’énergie française, on les prend souvent pour des installateurs de compteurs Linky, mais avant ça ils transforment du 250 000 Volts en 220. Et comment ? Avec toute une technologie qu’on a développée nous en France, mais qui est fermée au public parce que trop dangereuse à montrer. Voilà donc ça s’applique à des savoir-faire assez ancestraux type la charentaise, type le savon de Marseille, voire des bijoux parce que c’est un exploit aujourd’hui pour les Georgettes de fabriquer en France.

Anthony : Et puis c’est la prolongation du tourisme industriel : on rappelle environ 1 million de visiteurs, chaque été, poussent les portes d’un atelier durant les vacances.

Olivier : Et nos meilleurs ambassadeurs, c’est ce que tu disais tout à l’heure, c’est effectivement les gens qui ont pu faire ces visites, qui ont pu toucher du doigt, qui eux vont être le vecteur justement de communication donc c’est vraiment essentiel. Parce que ce sont des gens qui ont compris le geste, qu’ils ont pu voir, qu’ils ont pu s’approprier cette histoire.

Raynaut : Moi je peux donner quelques chiffres. Pour rebondir sur ce que tu dis Olivier, dans le savon de Marseille par exemple, quand tu discutes avec Jean-Pierre le maître savonnier, qui est là depuis 25 ans, devant son chaudron, il y a un phénomène direct quand tu finis la visite de l’usine, de la savonnerie, par la boutique : tu achètes avec un panier moyen deux fois supérieur à une boutique qui n’est pas accolée à une usine. Deux fois supérieur. La visite immersive que nous avons créée, on a fait des tests, quand on l’a emmenée dans une boutique qui n’est donc pas accolée au savoir-faire et qu’on mesure la différence entre quelqu’un qui rentre, qui achète et quelqu’un qui rentre, à qui je mets un casque, qui visite et qui achète, il y a 40 % d’écart. Donc on ne rattrape pas l’écart, puisqu’il est de 100%, mais on le comble. Donc c’est vraiment le geste, l’intérêt pour le geste.

Anthony : Tu connaissais l’univers de la charentaise déjà Raynaut ?

Raynaut : De loin, malheureusement de loin.

Anthony : C’est vrai qu’on ne se rend pas compte du nombre d’étapes.

Raynaut : Absolument ! C’est exactement la chose surprenante, c’est que, quand on te le raconte tu te dis : « Oui mais bien sûr, et du coup en effet ça explique le prix ». Maintenant quand je vais aller voir, ça l’efface le prix.

Anthony : C’est ça !

Raynaut : Donc il y a vraiment ces deux moments clés à montrer parce que, si évidemment je prends le produit fini comme tel dans un rayon, je vais regarder la couleur, la mode, le prix et je m’arrête à ça. Aujourd’hui il faut aller au-delà, et je pense, je peux me tromper, mais je pense que le public va au-delà aujourd’hui. Il y a un renouveau.

Anthony :  Alors on parle argent, toi c’est quoi ton modèle financier, finalement puisque les visites elles sont gratuites. Quand je vais sur ton site internet, je peux visiter une usine gratuitement.

Raynaut : Absolument ! Donc c’est gratuit pour le grand public.

Anthony : Donc là on le précise pour le public qui nous regarde, s’ils veulent aller sur le site.

Raynaut : franceimmersive.com, et après on choisit la visite qu’on veut réaliser. Moi mon modèle, c’est mon client que j’accompagne qui paye, pour faire simple, et mon objectif c’est de lui montrer qui a un retour sur investissement. Je vais parler par exemple des Georgettes pour illustrer le propos. Les Georgettes, donc fabrication de bijoux français.

Anthony : Français et accessibles.

Raynaut : Absolument, qui prend un axe presque marketing, rigoureusement différent du secteur, puisque d’habitude, on connaît les codes du luxe ou de la joaillerie. Et là dit : on va montrer l’usine en Ardèche qui fabrique depuis des décennies, les bijoux. Ce n’est pas super glamour, ce n’est pas super glamour mais c’est comme ça que j’ai un beau bijou. C’est parce qu’il y a des êtres humains français, qu’on est heureux de suivre, qui fabriquent ce bijou en X étapes. Et là je découvre qu’en fait avant d’être un bijou, c’est une plaque de métal. Il y a de la galvanoplastie : je découvre le métier. C’est une personne qui fait ça depuis 15 ans qui est interviewée et qui raconte la galvanoplastie et en fait c’est hallucinant parce que, j’aime bien les chiffres j’en donne un nouveau, aujourd’hui temps moyen de présence sur une visite immersive : 5min40.

Anthony : C’est énorme !

Raynaut : C’est énorme. Quand on pense qu’une vidéo institutionnelle aujourd’hui a moins de 30 secondes de temps de présence. 5min40. Mais pourquoi ? Parce qu’en fait je suis acteur de ma visite !

Anthony : Oui et puis il y a aussi un intérêt certainement pour ce qu’on y voit.

Raynaut : Absolument ! Du coup mon client l’utilise aussi sur son site.

Anthony :  Et puis pour les Georgettes il y avait aussi peut-être cet intérêt parce que, effectivement je le disais, c’est totalement accessible, les bijoux ne sont pas très chers, sont très concurrentiels sur le marché, et qui avait beaucoup de doutes sur l’origine de fabrication. Parce que beaucoup se disent : quand ce n’est pas cher ça ne peut pas être fait en France.

Olivier : Oui mais ça permet effectivement de se rassurer en se disant : oui c’est bien fait là !

Raynaut : De toute façon, il n’y a que deux solutions pour vérifier si c’est fait là. C’est, un, une norme, type OFG (Origine France Garantie), qui est irréfutable. Une fois que tu es Origine France Garantie, c’est irréfutable.  La deuxième solution c’est d’aller sur place voir.

Anthony : C’est ça !

Raynaut : Mais évidemment moi j’habite Aix-en-Provence, je ne vais pas tous les jours près d’Angoulême voir si c’est vrai. C’est pour ça qu’on a créé ce palliatif. Tu parlais de tourisme industriel, moi je travaille main dans la main avec « Entreprise et découverte » parce qu’en fait ce sont des offres complémentaires. « Entreprise et découverte » draine du monde physiquement mais moi à Aix je ne vais pas aller voir les parapluies de Cherbourg tous les matins, mais par contre ça va peut-être donner envie d’y aller physiquement quand je le vois en numérique.

Anthony : Super ! On parle d’entrepreneuriat dans cette émission. S’il y avait un seul conseil à donner à celles et ceux qui nous regardent pour entreprendre, le conseil ce serait quoi ? Raynaut ?

Raynaut : Moi, c’est d’oser ! Moi j’ai mis dix ans. Aujourd’hui les générations nouvelles, elles ont vachement moins de réticences que j’en ai eues.

Anthony : T’as mis 10 ans, ça veut dire ? Avant de concrétiser ?

Raynaut : Oui, j’ai été salarié pendant dix ans, j’avais une trajectoire qui était écrite : directeur informatique, etc. jusqu’au jour où j’ai dit : non ce n’est pas possible, il faut que je me bouge. Bon j’avais une petite flamme en moi qui était là, c’est sûr. Mais ce conseil aujourd’hui il s’applique intégralement. Je pense que c’est des générations, enfin l’entrepreneuriat a été encouragé, donc il faut se faire confiance. Il faut je pense néanmoins qu’il ne faut pas y aller la fleur au fusil, il y a des structures d’accompagnement, mais je ne suis pas du tout inquiet pour les générations nouvelles pour créer leur emploi eux-mêmes.

Anthony : Et finalement être entrepreneur c’est être touche-à-tout, c’est surtout accepter la polyvalence, c’est à dire …

Raynaut : Il y a un peu de ça. Quand je disais oser … Pendant longtemps j’ai cru qu’il fallait une bonne idée pour se lancer. Ce n’est pas la bonne idée qui compte, c’est le développement de l’idée. Quelle que soit l’idée. Aujourd’hui la charentaise ce n’est pas une innovation et pourtant ça fonctionne. Mais Olivier a osé, osé tomber, osé reprendre. Donc c’est le développement de l’idée. Donc en effet la persévérance et pas trop écouter ce qu’on nous dit à droite à gauche c’est bien aussi parfois. Il faut y aller et ce n’est pas très grave si on n’y arrive pas.

Anthony : C’est ça ! C’est Guillaume Gibeaux qui me disait : de toute façon, si l’idée est bonne, ça veut dire que d’autres l’ont aussi. Donc en fait, il faut en parler, et aller vite.

Raynaut : Non mais j’en suis sûr, c’est-à-dire que, moi j’ai eu plusieurs entreprises dans ma vie, j’ai souvent dit : j’ai inventé quelque chose que d’autres inventaient parallèlement.

Anthony :  Bien sûr !

Raynaut : C’est évident ! Mais ce qui compte, c’est le développement de cette idée et ce n’est pas forcément écraser les autres, c’est le développer pourquoi pas en parallèle, voire même en collaboration. Moi je parlais d’« Entreprise et découverte », on fait le même métier d’une manière différente et on travaille ensemble. C’est vachement bien !

Anthony : Et on embrasse Cécile Pierre !

Raynaut : Absolument !

Olivier : Mais soyons curieux, pour entreprendre soyons curieux. Il ne faut pas hésiter aussi à prendre contact avec des personnes, à partager, à échanger, à rentrer dans des clubs, dans des groupes justement, avec des gens qui n’ont pas forcément le même métier parce que l’expérience on l’acquiert aussi par l’échange. Donc il ne faut pas hésiter.

Anthony : Tu me fais une belle transition puisque c’est la question que je pose en fin d’émission. Si celles et ceux qui nous ont regardés veulent rentrer en contact avec vous, ont besoin de conseils, ont envie d’échanger avec vous sur l’entrepreneuriat, ils peuvent le faire sur vos réseaux ?

Raynaut : Avec un immense plaisir !

Olivier : Ils peuvent, tout à fait !

Anthony : Raynaut ! franceimmersive.com. On aurait pu faire .fr quand même.

Raynaut : Mais on a fait les deux.

Anthony : Mais effectivement .com parce que le monde entier s’intéresse à nos savoir-faire.

Raynaut : Alors non seulement il y a le monde entier, et puis tous ceux qui y sont présents se promènent partout dans le monde.

Anthony : C’est ça ! Et donc on retrouve les vidéos, et puis si des entreprises ou des entrepreneurs nous regardaient et qu’ils ont envie de faire appel à Inersio / France Immersive pour partager leur quotidien et leurs ateliers, ils peuvent aussi te contacter sur ce site internet.

Raynaut : Exact !

Anthony : Super ! Merci à vous messieurs, c’était un plaisir de faire cette émission. Merci à Maxime Larcanche à la réalisation, merci aux moyens techniques de VL Média. On se retrouve lundi prochain 18 heures pour « J’entreprends ».

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